Une fois de plus, le sort du pouvoir à N'Djaména va se jouer à Tripoli. Alors que le commun des Tchadiens attend la publication d'un bilan sur les derniers affrontements entre les rebelles et les forces gouvernementales à l'est du pays, l'on apprend que Idriss Déby Itno effectue un déplacement à Tripoli. Certes, IDI nous a habitués à des déplacements en Jahamaryia, mais cela remonte au temps où le Tchad était essentiellement dépendant de ressources peu conventionnelles.
Outre le détournement de 130 millions de la Ceni, Mariam Attahir comparaîtra devant le tribunal pour tentative de corruption sur les agents de l'Ans avec 10 millions de F CFA.
Le détournement des 130 millions sur les fonds alloués à la Ceni pour l'organisation de l'élection présidentielle de 2006 est le scandale de l'année parce qu'il éclabousse trois responsables de cette institution et un agent de la Sgtb, la banque où les cinq milliards pour l'organisation des élections avaient été logés. Il s'agit du président de la Ceni, de la trésorière et du comptable.
Le 6 novembre 2006, l'Undr a organisé, au domicile de son président une conférence de presse sur les questions d'actualité. Saleh Kebzabo a donné une place de choix à la situation militaire que connaît le pays.
"Notre position vis-à-vis de la rébellion ne souffre d'aucune ambiguïté. L'Undr a toujours condamné la prise du pouvoir par les armes. Ce n’est pas parce que nous disons comprendre ceux qui ont pris les armes que nous les soutenons. C'est parce que les gens étouffent dans ce pays. Il n’ y a aucune petite fenêtre qui puisse aérer quoi que ce soit", a indiqué le président de l'Undr Saleh Kebzabo. Ceci étant l'Undr refuse de condamner systématiquement les rebelles mêmes si, indique son président son parti désapprouve certaines de leurs pratiques.
Du Développement Humain Durable, concept inspiré d'un ensemble de réflexions menées par la communauté internationale sur les échecs et les conditions de réussite en matière de développement, du concept développé par des grandes institutions internationales permettant à chaque être humain d'exploiter et d'accroître son potentiel dans tous les domaines, de disposer d'un revenu décent, de devenir un agent actif de son développement bref des résolutions de la conférence de Rio de Janeiro de 1992, qui préconise que le développement ne doit pas être seulement humain mais aussi durable dans le sens où les générations futures doivent pouvoir disposer aussi d'un potentiel de développement comme les générations actuelles, ni les résolutions des travaux de la conférence internationale sur la population et le développement du Caire en 1994, ni ceux de développement social tenu à Copenhague en 1996 n'ont connu de succès au Tchad. De toutes ces rencontres internationales qui ont jeté les bases des solutions de développement durables, le Tchad a brillé par sa mauvaise gestion. Il a été l'un des mauvais élèves parmi tous les pays qui ont pris part et adopté les résolutions de ces différentes rencontres. La table ronde de Genève qui a fait tant de vague en 1998 et qui a fait rêver plus d'un Tchadien n'est finalement qu'un bluff.
Incroyable mais vrai, à l'exemple des Djandjawids soudanais qui s'attaquent aux populations non arabes du Darfour, les arabes tchadiens prennent pour cible les tribus non Arabes à l'est du Tchad. Résultats : des personnes déplacées et terrorisées, des champs et des récoltes abandonnés. Les Arabes tchadiens miment ceux du Darfour et mettent à mal une cohésion légendaire avec les populations non arabes sédentaires. Ces révélations ont été faites dans un article sous la plume de la journaliste Lydia Polgreen du célèbre journal américain, The New York Times dans sa parution du 31 octobre 2006.
Aujourd'hui, il apparaît clairement qu'avec les dernières démonstrations de force des rebelles, le pouvoir est prenable au bord du Chari. Mais attention la guerre n'a jamais été une science exacte où, à coup de théorèmes et autres savantes formules, on peut s'en tirer à bon compte. Dans une guerre, c'est le plus malin qui gagne. Et sur ce point, IDI semble avoir pris plusieurs longueurs d'avance sur ses adversaires empêtrées dans de querelles de leadership puériles.
Après le choc sanglant de Hadjer Méram du 29 octobre dernier, apparemment le calme serait revenu sur les fronts des opérations militaires. Cette trêve toute relative n'augure pourtant rien de bon, car sur le plan stratégique et politique la partie gouvernementale aussi bien que les rebelles persistent dans leur logique de guerre. Durant cette accalmie aucune des parties n'a daigné parler de paix moins encore de dialogue. Que nous réserve donc demain? C'est la question qui angoisse les paisibles citoyens.
Suite à notre enquête sur la gestion de plusieurs maires de la ville de N'Djaména, le maire actuel, Adoudou Adil Artine a estimé nécessaire d'apporter un certain nombre d'éclairages à l'opinion nationale, lors d'un point de presse organisé le 1er novembre dernier. Tout en saluant cette initiative louable, nous avons toutefois relevé que le maire a enfoncé le clou plus qu'il n'a justifié son action. Prenant au mot le maire qui demande d'être critiqué, il sera servi.
La mission du 27 au 29 décembre dernier ayant conduit sur le théâtre des combats de Goz Beida et d'Am Timan les officiels gouvernementaux et les journalistes a permis de mieux comprendre, après recoupement, un certain nombre d'éléments sur la situation qui prévaut dans la partie orientale du pays. Mais surtout sur le fait que l'Armée nationale tchadienne semble inopérante sur le terrain.
La charge contre un de nos confrères du journal Notre Temps n'a pas encore connu son dénouement qu'un autre acharnement contre la presse se produit le 2 novembre dernier à N'Djaména. Un confrère du quotidien Le Progrès, en compagnie de deux consoeurs de la presse internationale ont été la cible favorite des policiers. Si Evariste Ngaralbaye de Notre Temps a purgé des jours une détention dans les locaux de la gendarmerie, accusé par les services spéciaux de cette institution de les avoir égratignés, par rapport au recrutement des enfants soldats et de la formation à tour des bras des gendarmes dont l'effet escompté est difficilement quantifiable, nos deux consoeurs, correspondantes des médias internationaux et le confrère du Progrès, eux, ont passé des mauvais quarts d'heure dans les bureaux de la direction générale de la police nationale. Depuis un certain temps, l'espace de la liberté de la presse se rétrécit comme une peau de chagrin chez nous.
Les dernières prises des villes de Goz-Béida ou d’Am Timan d'où les rebelles se sont retirés d'eux-mêmes et l'accrochage récent de Saraf Borgou au cours duquel l'adjoint du chef d'Etat major général des armées, le général Moussa Sougui Awaré a trouvé la mort le prouvent à suffisance que la fin du conflit de l’Est n'est pas pour demain.
Ainsi, le tapage médiatique enclenché la semaine dernière par le gouvernement, après le retrait des rebelles de ces deux villes allègrement occupées, en conduisant les journalistes sur les cendres des théâtres, pour montrer à l'opinion une maîtrise de la situation ne convainc personne. Cette campagne médiatique cache beaucoup plus la réalité sur le terrain qu'elle ne la démontre objectivement.
Les rebelles de l'Ufdd ont attaqué les localités de Goz Béïda et d'Am Timan parce qu'elles sont sans protection militaire. Actuellement, les populations de ces localités vivent dans la peur se sachant abandonnées.
Après toutes les attaques des rebelles à l'est du pays, voire à N'Djaména le 13 avril 2006, les Tchadiens sont sûrs d'une chose: le pays est sans défense. Par conséquent, il peut être frappé de n'importe quel côté, et à tout moment, par des "bandits" ou des "mercenaires". Nos gouvernants, au lieu de prendre des dispositions pour assurer la sécurité des populations, utilisent cela comme un argument pour expliquer leur défaite devant les rebelles.
Evariste Ngaralbaye, journaliste à l'hebdomadaire Notre Temps, arrêté par des gendarmes le 27 octobre dernier et détenu pendant quatre jours à la Section nationale de recherches judiciaires (Snrj) suite à la publication d'un article sur le conflit de l'Est, se présentera aujourd'hui devant le procureur de la République.
"Nous nous contentons des réconciliations de façade, sans régler à fond les conflits", déclare le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allam-Mi, à propos du conflit Tchad/Soudan.
Va-t-on une fois de plus vers une rupture des relations diplomatiques entre le Tchad et le Soudan?
Depuis plus de cinq mois, une cinquantaine de personnes partage deux chambres d'à peine trois mètres sur quatre, au quartier Repos III, à N'Djaména. Ce ne sont pas des prisonniers, mais des travailleurs bangladais, attirés au Tchad par un réseau. A la vue du reporter du PROGRES, ils s'écrient, «BBC !». Ces gens semblent fonder tout leur espoir sur les médias pour sortir de leur bourbier. «Dites à notre ambassade qui se trouve, soit à Tripoli, soit ailleurs ou à toute autre bonne volonté de nous venir en aide. Nous n'avons rien à manger. Nous sommes entassés comme des sardines dans ces deux chambres depuis des mois...» Dans un arabe avec un fort accent anglais, Muhamad Rahul Amine résume la situation de ses frères. A peine finit-il sa phrase, une litanie de doléances sort de la cinquantaine de bouches. Il faut encore l'intervention énergique de Ruhul pour que le calme s'installe et que l'histoire se conte. Les misères de ses «petits hommes jaunes» s'égrènent aux bouts des phrases.