Le Tchad et le Soudan ont une longue histoire commune, une longue frontière avec les mêmes populations de part et d’autre. Il est donc tout à fait naturel que les deux étaient aient des relations normales de bon voisinage. C’est l’attitude belliqueuse de Deby qui a fait que les relations se soient détériorées. Voir la fin de la rébellion dans la normalisation des relations entre les deux pays, c’est prendre ses rêves pour des réalités. La rébellion est une réalité tchado-tchadienne et ceux qui ont refusé de connaitre ce fait découvriront enfin que loin d’être une marionnette de pression aux mains du Soudan, la rébellion tchadienne est la conséquence de la situation socio-économique et politique du pays. Débarrassée de ce sobriquet de laquais du Soudan, la rébellion tchadienne saura s’affirmer, prouver son existence et peser sur l’échiquier national.

En venant Ă  Khartoum, Deby espère non seulement normaliser ses relations avec le Soudan mais aussi acheter les consciences de ceux qui sont achetables. Tant mieux ! Deby n’a qu’à repartir avec tous ceux qui Ă©taient ou sont en contact ou pris langue avec lui ou avec un de ses proches Ă  un moment ou Ă  un autre. Et au sein de la rĂ©bellion, ceux lĂ  sont bien nombreux. DĂ©jĂ , dans la journĂ©e du jeudi deux avions ont atterri Ă  Khartoum. Selon les mauvaises langues, l’un des avions transporte la très nombreuse dĂ©lĂ©gation, la seconde, des sacs bourrĂ©s des pĂ©trodollars.

Certes les pétrodollars viendront à bout des indécis, des « un pied dedans, un pied dehors », certains sont même considérés partants. Mais les pétrodollars n’entameront en rien la détermination des intrépides et incorruptibles combattants de l’UFR et ce sont eux qui viendront à bout du régime anachronique de Deby.

Mahamat Ahmat
N’djaména