Second Ă©lĂ©ment de divertissement sorti de la manche de Deby, la guĂ©guerre entre deux proches de Deby, « les GĂ©nĂ©raux » Mahamat Ali Abdallah et IsmaĂ«l Mahamat Chaibo. Le premier est un compagnon de route de Deby et probablement l’un des rares sinon le seul Ă  ĂŞtre restĂ© longtemps avec Deby. MalgrĂ© les humiliations, les calomnies qu’il subit constamment de la part de son patron il lui est restĂ© toujours fidèle. D’ailleurs le microcosme zaghawa n’avait pas du tout compris, ni apprĂ©ciĂ© son limogeage du gouvernement. Deby a beau faire des gestes Ă  l’endroit des proches de Mahamat Ali (parmi les derniers promu zaghawa aux finances, 5 sont de la famille de Mahamat Ali), le mĂ©contentement n’a pas cessĂ© de grandir. Alors Deby de les et leur tenir ce langage : «  vous savez, Mahamat Ali c’est mon compagnon, je l’aime parce qu’il ne m’a jamais trahi, il m’est toujours restĂ© fidèle, c’est pourquoi, je l’ai toujours responsabilisĂ© mĂŞme s’il n’a pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur de certaines tâches. Depuis les Ă©vĂ©nements de fĂ©vier 2008 (l’attaque de N’djamĂ©na par les rebelles), son nom est citĂ© comme premier responsable de l’assassinat d’Ibni Oumar ; Mahamat IsmaĂ«l Chaibo qui dĂ©tient toutes les informations est venu dernièrement me voir pour me dire que Mahamat Ali ne peut plus faire partie du gouvernement car il sera poursuivi par toutes les ONG des droits de l’homme. Moi je suis un homme de parole et de fidĂ©litĂ©, je n’abandonne jamais mes compagnons, ce sont eux qui m’abandonnent souvent. Mais Mahamat Ali est indexĂ© par la communautĂ© internationale comme le premier responsable de la mort d’Ibni Oumar, on ne peut donc pas le garder dans un gouvernement. Je vais d’abord l’aider Ă  se soigner et après je le nommerai Ă  un poste moins exposĂ© ».

Ayant bu comme du coca les paroles de Deby et après l’avoir remerciĂ© de mille courbettes de sa bontĂ© et de sa bienveillance envers Mahamat Ali et sa famille, le groupe pique directement chez le Sultan Ali Abdoulaye Sabre, l’oncle de Mahamat IsmaĂ«l Chaibo. La troupe ne passe pas par quatre chemins, « nous venons de chez le prĂ©sident et il nous a dit de vive voix que c’est Mahamat IsmaĂ«l Chaibo qui est derrière le limogeage de Mahamat Ali et qu’il cherche mĂŞme Ă  l’assassiner. Si mĂŞme une Ă©pine pique ou un moustique pique Mahamat Ali, Chaibo saura de quel bois s’échauffent les gens de Koba (le village de Mahamat Ali)». Depuis, ce sont des rĂ©unions des deux familles qui s’enchainent chez tel notable, tel ministre ou tel sage sous le regard amusĂ© et hilare de Deby.

Aux dernières nouvelles on apprend que Deby a discrètement envoyĂ© une colonne fouiller le village de Mahamat Ali Ă  la recherche des armes. Selon la rue zaghawa, c’est son ex chauffeur et ex garde de corps, « Com Pang », qui aurait filĂ© l’info Ă  Deby. Abdoulaye Com Pang, dont Tchadactuel avait citĂ© en son temps comme un des tĂ©moins oculaires de l’assassinat du Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, a Ă©galement racontĂ© Ă  Deby tous les complots ourdis par des zaghawa autour de Mht Ali contre lui et lui a filĂ© les noms de ceux qui constituent le rĂ©seau. Le relèvement d’Abou Sitte du commandement de la rĂ©gion militaire d'AbĂ©chĂ© en est d’ailleurs une consĂ©quence. Il semble que Deby a une bonne liste des zaghawa complices de MAA.

PaniquĂ©, Deby avait voulu frapper fort, mais sa famille l’a dissuadĂ© : « il faut prendre en mains les zaghawa et isolĂ© complètement MAA », l’aurait conseillĂ© ladite famille. C’est l’une des raisons de l’inondation des administrations financières par des jeunes Z diplĂ´mĂ©s et non diplĂ´mĂ©s et cette histoire montĂ©e de toute pièce par le mĂŞme Deby, « c’est Chaibo qui veut la peau de Mahamat Ali ».

Mahamat Ahmat
N’djaména